Le renouveau du Muscadet

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La jeune génération de vignerons remet au goût du jour une appellation qui a beaucoup souffert.

Les vins présentent des styles très différents

Nul besoin de lifting quand une appellation souffre d'une image vieillissante. Tout ce qu'il faut, c'est une jeunesse motivée, prête à écrire une nouvelle page de l'histoire viticole et à partager énergie et enthousiasme. Après l'âge d'or des années 1980, le muscadet a vécu une longue marée basse.  

À l'origine de cette détérioration, certaines pratiques : les grands rendements du temps où le vin se vendait par palettes ont poussé la qualité vers le bas. À la fin de l'âge d'or des années 80 naissait le cliché du mauvais muscadet, bu à sa sortie de cuve, acide et tord-boyaux, qui crépite vulgairement et qui ne laisse un souvenir impérissable ni au palais ni à l'estomac.

Plusieurs chantiers conjoints ont vu le jour dès les années 2000, portés par la nouvelle génération qui continue le travail entamé par la précédente.

Cela est d'abord passé par une restructuration profonde du vignoble ; les surfaces plantées ont diminué. Puis par une classification des lieux, qui a eu pour conséquence l'élaboration de cahiers des charges précis, imposant une baisse des rendements. L'appellation muscadet, blanche à 99 %, plantée principalement du cépage melon de bourgogne (95 %), compte plusieurs degrés dans sa hiérarchie : une appellation générique régionale "muscadet", dont les vignes sont situées à l'est de la ville de Nantes, trois appellations sous-régionales de "muscadet sur lies" (Muscadet-Coteaux-de-la-Loire, Muscadet-Sèvre-et-Maine et Muscadet-Côtes-de-Grandlieu) et un système de crus qui reconnaît les terroirs exceptionnels. Trois dénominations de crus ont été reconnues en 2011 (Clisson, Gorges et Le Pallet), bientôt rejointes par sept autres (Goulaine, Château-Thébaud, Monnières Saint-Fiacre, Mouzillon-Tillières, La Haye-Fouassière, Vallet, Champtoceaux). Ces crus doivent pratiquer des élevages prolongés sur leurs lies (les levures mortes) 18 ou 24 mois minimum selon leurs règles respectives (élevage sur lies).

Les jeunes crus, eux, favorisent un enrichissement plus poussé de leurs vins. Il n'y a donc plus un seul muscadet, mais une myriade de styles, allant du blanc minéral tendu comme un arc à boire jeune accompagné de coquillages à des vins riches aux notes profondes qui peuvent vieillir dix ans et s'accompagner de mets plus forts en goût. À la dégustation, les bonnes surprises se succèdent : minéralités plurielles, touche marine iodée irrésistible, longueurs salivantes, potentiel de vieillissement remarquable. 

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