Le gel de printemps 2017

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Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Loire, Alsace, Rhône... Pratiquement aucune région française n'a été épargnée par la récente vague de gel qui s'est abattue sur le vignoble. Quels sont les bilans et les conséquences à prévoir pour le millésime 2017 ?

Le Bordelais :

Dans la nuit du 20 au 21 avril puis du 27 au 28 avril, les températures sont descendues parfois jusqu’à -5°C : plus de la moitié des vignes dans toutes les appellations du Bordelais ont été touchées.

  • Dans le Médoc, Listrac a été très frappé à près de 90%
  • Pauillac, Saint-Julien et Saint-Estèphe s’en sortent grâce à l’estuaire qui a limité la baisse des températures.
  • Pomerol, Blaye, les Côtes de Bourg, l’Entre-deux-mers ou encore Sauternes sont très impactés.

Si les bourgeons ne repartent pas d’ici juin, la prochaine récolte sera imputée de plus de 50% en volume. Autre certitude, les vendanges seront tardives.

La Loire :

Après l’épisode de gel, les différents vignobles de Loire dressent un début de bilan. Du Muscadet au Centre Loire, les dégâts sont hétérogènes… Mais frappent une région déjà très durement touchée en 2016.

  • Muscadet

Dans le Muscadet, le spectre du gel de 91 a resurgi en une nuit, de mercredi 26 à jeudi 27. Il y a 26 ans, deux années de gel consécutives avaient provoqué une crise économique dont le vignoble commence tout juste à émerger.

Même scénario en 2017 ? Le bilan exact ne sera pas dressé avant plusieurs semaines. Les dégâts sont épars et hétérogènes, d’un secteur à l’autre. La zone de Clisson a été durement touchée, les coteaux de la Loire beaucoup moins.

  • Anjou

En Anjou, le bilan est en cours, mais le Layon, déjà frappé (gel et mildiou) en 2016, et l’appellation Savennières ont particulièrement souffert.

  • Touraine et Centre

Très abattus également, les vigneron(ne)s font les comptes, après cinq nuits de lutte épique contre le gel, à coup d’hélicos, de bougies, de feux…

A Bourgueil, Chinon, Vouvray, les dégâts sont limités . Mais les vignes d’Azay-le-Rideau – « 2/3 de perdus » – et Amboise, « 50% » ont été particulièrement frappées.

Même à Montlouis, qui a fait appel à une flotte d’hélicoptères – un coût de 500000 à 1 million d’€- pour combattre le gel, 40% du vignoble est détruit.

Plus au Nord, le vignoble de Cheverny a souffert. Quant au petit vignoble de l’Orléannais, un des plus anciens de France, il serait pratiquement « rayé » de la carte.

  • Centre loire

Chateaumeillant est très touché, ainsi qu’une partie de Pouilly-Fumé, les coteaux du Giennois et le Nord de Sancerre.

La Bourgogne

En Côtes de Beaune et de Nuits la mobilisation contre le gel a été exceptionnelle. Le scénario de 2016 était à éviter à tout prix. Le gros du danger semble écarté.

D’immenses brasiers, une fumée épaisse et des hélicoptères qui tournent aux premières lueurs du jour.

A Puligny-Montrachet, Volnay, Gevrey-Chambertin, etc., la lutte contre le gel a pris une tournure inédite. Les tracteurs ont déposé de la paille toute la journée en vu de faire face aux températures négatives prévue en fin de nuit suivante.

Des centaines de bottes paille ont été réparties dans les secteurs les plus gélifs. En brûlant, elles dégagent une épaisse fumée. Un rideau protecteur pour les vignes : il empêche la condensation qui survient aux premières lueurs du jour. le pire a été évité !

Dans le nord de Chablis les derniers échos ne sont pas aussi optimistes : Une perte de récolte à + 70 % ? Pire que 2016…

Le Sud-Ouest

La dernière semaine d’avril n’a pas épargné le département de la Dordogne. Bergerac, Monbazillac, Montravel et surtout Pécharmant, toutes les appellations du Bergeracois ont été largement touchées par un gel historique.

Le Ventoux

Dans la vallée du Rhône, le vignoble du Ventoux n’a pas été épargné par le gel qui a sévi dans la plupart des bassins de production français. 50% de l’appellation a été touché.

La Champagne

Certains secteurs ont été plus touchés que d'autres comme le secteur de la Montagne de Reims nord et ouest, et la Côte des Bar.

C'est un bilan provisoire, mais il démontre déjà l'étendue des dégâts causés par le gel dans les vignes de Champagne. Tous les secteurs sont concernés, avec en moyenne entre 20 et 25 % des bourgeons détruits. Depuis le 18 avril dernier, les bourgeons ont été durement touchés par endroits, puisque les températures sont parfois descendues jusqu'à - 5 degrés.

L'alsace

Le mercure est descendu jusqu'à -5°. Les sorties de vallées balayées par le vent sont les plus touchées. Les secteurs de Thann, Colmar et Châtenois ont été particulièrement touchés , car les plaines sont plus exposées. Les coteaux, eux, ont été épargnés. Un événement qui n'a pas de précédent, et qui n'a donc permis aucune anticipation.